Amazon France a commencé à retirer à ses casiers automatiques le bénéfice de la livraison gratuite pour les livres neufs. La société concentre désormais cet avantage sur les retraits effectués à un comptoir ou à l’accueil d’un magasin qui vend lui-même des livres. La mesure est « en cours » de déploiement, a précisé le groupe à l’AFP samedi 19 septembre.

Le changement concerne aussi la remise de 5 % appliquée dans certains retraits en consigne, selon le média spécialisé ActuaLitté, qui rapporte la déclaration d’un porte-parole d’Amazon. Il ne signifie pas la disparition de tout retrait gratuit : l’entreprise maintient cette possibilité dans les points d’accueil de commerces remplissant la condition de vente au détail de livres.

Une exception devenue point de conflit

Depuis octobre 2023, le cadre issu de la loi dite Darcos impose un minimum de 3 euros pour l’expédition d’une commande de livres neufs inférieure à 35 euros. Au-delà de ce seuil, la livraison ne peut pas davantage être totalement gratuite et doit coûter au moins un centime. Une exception existe lorsque le livre est retiré dans un commerce qui vend des livres.

Amazon avait considéré que des consignes placées dans ou près de grandes surfaces pouvaient bénéficier de cette exception. Le Médiateur du livre distinguait au contraire le retrait à une caisse ou à un accueil de magasin — jugé compatible avec le texte sous conditions — du retrait dans un casier automatisé. Cette dernière pratique était, selon lui, de nature à rompre l’équilibre recherché par la loi.

La décision annoncée met fin à cette partie du contentieux pratique, sans fournir encore un calendrier précis pour chaque consigne. Amazon indique que les casiers représentent une minorité d’environ 3 000 points de retrait éligibles, mais n’en donne pas le nombre exact.

Ce qui change pour les lecteurs

Pour un acheteur, le lieu de retrait devient déterminant : un casier automatique ne doit plus ouvrir droit aux mêmes conditions qu’un accueil de magasin vendant des livres. Les règles applicables aux livraisons à domicile, elles, ne sont pas modifiées par cette annonce.

Le revirement intervient quatre mois après une décision du Conseil d’État du 13 mai qui avait jugé le tarif minimal français conforme au droit européen. Le Syndicat de la librairie française s’en est réjoui auprès de l’AFP, tandis qu’Amazon met en avant le maintien d’un réseau de retrait dans les petites villes et les zones rurales.