La réunion politique annoncée la veille à l’Élysée débouche sur une première instruction concrète. Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques françaises face aux drones, aux cyberattaques et aux autres formes de menace hybride. Les sites sensibles de l’industrie de défense figurent explicitement parmi les installations concernées.
Le président s’exprimait le 18 septembre après avoir reçu les responsables des partis politiques et les candidats déclarés à l’élection présidentielle de 2027. Il a présenté la menace russe comme plus intense au cours des dernières semaines et accusé Moscou de chercher à intimider les Européens pour affaiblir leur soutien à l’Ukraine. Cette appréciation politique ne constitue pas, à elle seule, l’attribution d’un incident précis : ni la liste des sites, ni un calendrier, ni les moyens budgétaires du futur plan n’ont été rendus publics dans les comptes rendus consultés.
La notion d’infrastructure critique couvre des réalités très différentes : production et transport d’énergie, télécommunications, hôpitaux, transports, systèmes numériques de l’État ou installations industrielles stratégiques. Les protections nécessaires ne sont donc pas interchangeables. Une défense contre des drones autour d’un site physique ne répond pas aux mêmes risques qu’une segmentation informatique, une capacité de secours électrique ou un plan de continuité d’activité.
Emmanuel Macron a également annoncé son intention de réunir le G7 dans les prochaines semaines sur la crise énergétique. Il relie la hausse des prix aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ainsi qu’aux perturbations de la navigation dans le détroit d’Ormuz. Cette réunion est annoncée, mais ses participants, sa date exacte et ses décisions éventuelles ne le sont pas encore.
L’étape suivante sera donc celle des arbitrages vérifiables : périmètre du plan, autorités responsables, obligations imposées aux opérateurs et financements. L’annonce marque une inflexion par rapport à la seule consultation politique, mais elle ne permet pas encore d’évaluer l’efficacité du dispositif. Le contrôle parlementaire et la publication d’objectifs mesurables seront essentiels pour distinguer une stratégie de résilience d’une déclaration d’intention.



