Six mois après le survol lunaire d’Artemis II, la NASA a mis à disposition plus de 800 gigaoctets de données scientifiques dans son Planetary Data System. L’archive annoncée le 7 octobre rassemble plus de 11 000 images et vidéos en pleine résolution, ainsi que huit heures et demie d’enregistrements audio de l’équipage.

La mission habitée s’est déroulée du 1er au 10 avril 2026. Lors de son passage autour de la Lune, Orion s’est approché à environ 4 067 miles, soit quelque 6 545 kilomètres, de la surface. Les quatre astronautes ont photographié des reliefs, décrit les couleurs et l’éclat du sol à voix haute et consigné des phénomènes brefs difficiles à saisir automatiquement. La NASA présente cet ensemble comme le premier jeu de données de science planétaire recueilli principalement par des humains depuis plus d’un demi-siècle.

Des éclairs à confirmer

Parmi les observations les plus intrigantes figurent cinq faibles éclairs sur la face nocturne de la Lune. Ils pourraient correspondre à l’impact de roches de quelques centimètres. L’agence précise que l’interprétation reste préliminaire : des équipes cherchent à recouper les horaires et les positions avec des observations réalisées depuis la Terre et avec les images de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter.

Cette vérification n’est pas seulement spectaculaire. La fréquence et l’énergie de tels impacts aident à évaluer le risque posé aux futurs habitats, véhicules et équipements déposés à la surface. Durant le vol, les astronautes ont également décrit des nuances vertes autour du cratère Aristarchus et des variations brunes ou gris olive ailleurs, des perceptions que les caméras ne reproduisent pas toujours fidèlement.

Science News avait relaté dès avril le travail des géologues en temps réel et l’intérêt de ces descriptions humaines pour distinguer les couleurs, les couches et les rayons de matière éjectée. Reuters avait de son côté confirmé la portée historique du survol et la détection visuelle d’éclairs d’impact. L’ouverture des fichiers permet désormais aux chercheurs extérieurs à la mission de tester ces premières lectures, de comparer les images et de proposer de nouvelles analyses plutôt que de dépendre uniquement du récit de l’agence.