Deux vidéos largement diffusées après l’attaque survenue à bord du vol Flydubai FZ1073 mélangent des éléments authentiques et des contenus manipulés. L’incident lui-même est réel : un pilote a été blessé et l’appareil reliant Dubaï à Tel-Aviv a effectué un atterrissage d’urgence en Arabie saoudite le 30 septembre. Mais les images virales examinées par Full Fact et ABC News ne documentent pas les faits comme elles le prétendent.

La première imite un bulletin de la BBC et attribue l’attaque à un passager indien présenté sous un nom précis. La BBC a confirmé que la séquence était fausse. Full Fact a retrouvé la vidéo originale de la présentatrice, mise en ligne la veille de l’incident : elle y parlait d’un tout autre sujet. Dans la version manipulée, la voix, le mouvement des lèvres et certains éléments graphiques présentent des incohérences. Aucune source crédible ne confirme par ailleurs l’identité avancée dans le clip.

La seconde vidéo affirme montrer l’avion en détresse, filmé depuis un hublot avec des passagers qui crient. Les repères visibles au sol correspondent pourtant à Dubaï, notamment la crique et un pont identifiable, et non à la région de Tabuk où l’appareil a atterri. La bande-son a été ajoutée : elle provient d’une vidéo de fortes turbulences tournée au-dessus des Andes en 2022. Le résultat assemble donc l’image d’un autre vol et l’audio d’un troisième événement.

ABC News Verify a également observé que le faux bulletin avait été publié quelques heures seulement après l’incident. Cette rapidité est facilitée par la réutilisation de séquences déjà disponibles : un visage de présentatrice, des images d’avion et un habillage de chaîne suffisent à fabriquer une apparence d’actualité. Le mélange est plus trompeur qu’une image entièrement inventée, car une partie du matériau paraît familière et professionnelle.

Plusieurs vérifications simples permettent de ralentir la diffusion : rechercher la séquence originale, comparer les lieux visibles avec la trajectoire du vol, isoler la bande-son et vérifier si l’information attribuée à un média existe sur ses canaux officiels. Dans les premières heures d’une enquête, l’absence d’identité ou de mobile établi n’autorise pas à combler les blancs. La prudence consiste précisément à séparer ce qui est confirmé de ce qui reste inconnu.