Les premiers panneaux d'un nouveau mur frontalier ont été dressés dans la région de Big Bend, dans l'ouest du Texas. L'administration américaine ouvre ainsi un chantier longtemps repoussé dans l'une des zones les plus isolées et contestées de la frontière avec le Mexique.
Customs and Border Protection (CBP) a confirmé à l'Associated Press que la pose avait commencé le 15 septembre sur un tronçon de 47 miles, soit environ 76 kilomètres, dans le comté de Hudspeth. Baptisé « Big Bend 1 », ce secteur n'est qu'une partie d'un ensemble de cinq zones couvrant environ 500 miles entre le sud d'El Paso et le lac Amistad. Des images publiées par l'agence montrent des panneaux d'acier de 30 pieds, près de neuf mètres, levés par une grue.
Le chantier doit être distingué du parc national de Big Bend. En août, CBP avait suspendu les travaux à l'intérieur du parc pour mener une évaluation et consulter les responsables locaux. L'agence affirmait alors que le projet dans le parc portait sur une route d'accès, l'amélioration de voies existantes, des capteurs et des barrières pour véhicules, et non sur un mur continu de trente pieds. La pose annoncée cette semaine se déroule dans un autre secteur de la région.
Cette nuance géographique n'apaise pas toutes les oppositions. Des propriétaires, des associations environnementales, des éleveurs et des commerçants jugent le dispositif disproportionné dans un territoire peu fréquenté par les passages irréguliers. Ils redoutent la fragmentation des habitats, les atteintes au paysage et les procédures accélérées. CBP soutient au contraire que la combinaison de murs, de routes et de technologies est nécessaire pour détecter les franchissements et répondre plus vite.
Le projet s'inscrit dans un plan fédéral de 46 milliards de dollars consacré à la frontière. Selon CBP, la cadence atteint désormais en moyenne 12 miles de barrières par semaine et 200 miles ont été achevés depuis le retour de Donald Trump à la présidence. À Big Bend, l'installation des panneaux transforme donc un débat préparatoire en chantier visible, tout en laissant entière la bataille juridique et politique sur les autres secteurs.



