Le Parlement bolivien a achevé vendredi la ratification d’un programme de financement de 1,9 milliard de dollars avec le Fonds monétaire international. Le vote du Sénat, intervenu après celui de la Chambre basse, lève le principal verrou législatif d’un accord sur trois ans destiné à reconstituer les réserves de change et à stabiliser une économie marquée par l’inflation, le ralentissement et les pénuries de carburant.

L’argent ne sera toutefois pas versé immédiatement. Le FMI rappelle que l’accord conclu au niveau de ses services le 29 juillet doit encore être approuvé par son conseil d’administration et reste conditionné à la mise en œuvre d’actions préalables. Le programme prévoit aussi de renforcer les filets de protection sociale, la gouvernance, le cadre monétaire et la résilience du secteur financier. Le Fonds estime que ce soutien pourrait contribuer à mobiliser plus de 5 milliards de dollars auprès d’autres bailleurs, dont la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement.

Quelques heures après le vote, le président Rodrigo Paz a annoncé la suppression immédiate des subventions au diesel utilisé par les camions, les autobus et les machines agricoles. Le carburant doit désormais être vendu au prix international. L’essence destinée principalement aux voitures particulières reste pour l’instant subventionnée. Cette distinction est importante : la mesure touche d’abord le transport de marchandises, l’agriculture et les coûts logistiques, avec un risque de répercussion sur les prix.

Le gouvernement promet environ 79 millions de dollars d’aides directes à 2,9 millions de personnes, ainsi que des prêts préférentiels pour les transporteurs, les petites entreprises et les producteurs. Il affirme aussi que l’économie réalisée permettra de financer écoles, hôpitaux et routes et de mettre fin aux ruptures chroniques de diesel.

Le pari politique reste risqué. La Centrale ouvrière bolivienne et d’autres syndicats redoutent une hausse du coût de la vie et de nouvelles mesures d’austérité. Des blocages routiers avaient déjà paralysé le pays au début de l’été, et l’état d’urgence a été prolongé de quatre-vingt-dix jours. Le vote sécurise donc le cadre financier, mais il ne règle ni la contestation sociale ni la dépendance du pays à des importations de carburant rendues plus coûteuses par le recul de ses exportations de gaz.