Une hausse décidée à sept voix contre deux

La Banque du Japon a décidé le 18 septembre de relever son principal taux directeur de 1 % à environ 1,25 %. La mesure ne s'applique pas immédiatement : elle doit entrer en vigueur le 24 septembre. D'après l'Associated Press, ce niveau est le plus élevé depuis trente et un ans.

Le comité a adopté la décision par sept voix contre deux. Dans le même mouvement, la rémunération des réserves courantes des établissements financiers passera à 1,25 %, tandis que le taux de base des prêts de la banque centrale sera porté à 1,5 %. Ces paramètres techniques organisent la transmission de la nouvelle orientation monétaire au système financier japonais.

Pourquoi maintenant

La Banque du Japon estime que l'inflation sous-jacente se rapproche progressivement de son objectif de 2 %. Elle souligne aussi la transmission des hausses de salaires aux prix, le renchérissement du pétrole lié aux tensions au Moyen-Orient et l'effet d'un yen faible sur le coût des importations. La demande mondiale liée à l'intelligence artificielle et aux semi-conducteurs soutient par ailleurs certaines branches exportatrices.

L'institution décrit néanmoins une économie en reprise modérée et considère que les conditions financières restent accommodantes. Les deux membres opposés à la hausse jugeaient que l'activité et les prix ne justifiaient pas encore un nouveau resserrement.

Une normalisation qui reste graduelle

Le relèvement peut progressivement renchérir certains crédits et améliorer la rémunération de produits d'épargne, sans que la transmission soit identique d'une banque ou d'un contrat à l'autre. Il peut aussi soutenir le yen, mais l'évolution de la devise dépend de nombreux facteurs internationaux.

La décision prolonge surtout la normalisation engagée après des années de taux très faibles. La Banque du Japon ne fixe pas de calendrier automatique pour la suite : elle dit vouloir ajuster sa politique en fonction de l'activité, des prix et des risques financiers. Le communiqué officiel établit les paramètres de la décision ; l'Associated Press apporte le contexte historique et économique.