Après une dernière nuit de négociation, la COP17 sur la biodiversité s’est achevée à Yerevan le 31 octobre avec près de 50 décisions et une « voie de Yerevan ». Ce cadre doit guider la réponse au premier examen mondial de la mise en œuvre de l’accord de Kunming-Montréal. Le secrétariat de la Convention sur la diversité biologique reconnaît que le monde n’est en bonne voie pour aucun des 23 objectifs fixés pour 2030.

Le résultat central n’est donc pas un nouveau traité, mais une méthode de rattrapage. Les gouvernements sont invités à mieux intégrer la biodiversité dans leurs budgets, à réduire les subventions et incitations dommageables, à améliorer le suivi national et à renforcer l’appui financier, scientifique et technique aux pays en développement. Les délégations ont aussi adopté les règles de fonctionnement du nouvel organe permanent consacré aux peuples autochtones et communautés locales, selon les « lignes directrices de Sevan ».

Le communiqué final additionne près de 2 milliards de dollars d’annonces et d’initiatives, dont 560 millions destinés au prochain cycle du Fonds pour l’environnement mondial et au Fonds-cadre mondial pour la biodiversité, 500 millions pour une alliance de rétablissement des espèces et plus de 330 millions pour le Value Nature Fund. Cette somme ne doit toutefois pas être lue comme une enveloppe unique immédiatement disponible : elle agrège des instruments, engagements et annonces de nature différente.

C’est précisément là que persiste la fracture. Climate Home News décrit un compromis fragile sur la mobilisation des ressources, tandis que le compte rendu des négociations de l’IISD montre que plusieurs arbitrages ont surtout renvoyé le travail à des mécanismes ultérieurs. Le texte invite notamment les économies émergentes aisées à contribuer volontairement davantage, sans créer une obligation comparable à celle des donateurs historiques.

La portée de Yerevan se mesurera donc moins au nombre de décisions qu’à trois indicateurs concrets : l’évolution des budgets nationaux, la baisse vérifiable des soutiens publics nuisibles et la capacité à publier des données comparables avant la prochaine COP. L’Équateur accueillera la COP18 en 2028. D’ici là, la « voie » adoptée offre une direction commune ; elle ne garantit ni les ressources, ni la vitesse nécessaires pour atteindre 2030.