La Corée du Nord a tiré jeudi 29 octobre environ dix missiles balistiques à courte portée vers la mer au large de sa côte orientale, selon l’état-major interarmées sud-coréen. Les engins ont été détectés vers 12 h 30, heure de Corée, depuis le secteur de Wonsan et auraient parcouru environ 250 kilomètres. Séoul a renforcé sa surveillance et partagé ses informations avec les États-Unis et le Japon.

Le ministère japonais de la Défense apporte une confirmation distincte mais plus prudente. Il indique avoir détecté vers 12 h 36 ce qui pouvait être un missile balistique et estime que l’objet est retombé près de la côte est de la péninsule. Tokyo n’a constaté aucune arrivée sur le territoire japonais ni dans sa zone économique exclusive, et aucun dommage à un avion ou à un navire n’était signalé lors de son communiqué. Cette formulation ne confirme pas à elle seule le nombre d’engins annoncé par Séoul.

Les premiers bilans comportent d’ailleurs une petite différence de comptage : Reuters et l’Associated Press retiennent « environ dix » missiles d’après l’armée sud-coréenne, tandis que Yonhap évoque « près d’une douzaine ». Il s’agit d’estimations initiales, l’analyse technique étant toujours en cours. Le chiffre d’environ dix est donc le plus prudent à ce stade.

Le tir intervient dans un climat frontalier dégradé. Trois militaires sud-coréens ont été blessés le 21 septembre par des explosions de mines dans la zone démilitarisée. Séoul accuse le Nord d’avoir posé ces mines ; Pyongyang le nie. La Corée du Sud a ensuite proposé des discussions militaires pour clarifier la ligne de démarcation et prévenir des incidents, sans réponse nord-coréenne annoncée. Pyongyang a parallèlement menacé de remettre en service des haut-parleurs de propagande et rendu visibles de nouvelles positions d’artillerie près de la frontière.

La proximité temporelle entre ces tensions et la salve ne démontre cependant pas un lien de cause à effet. Reuters cite un spécialiste qui juge ce lien possible dans une série plus large de démonstrations de force, tout en refusant d’en faire l’explication directe. Le fait établi reste le lancement, troisième épisode de tirs du mois selon Reuters, ainsi que l’absence de chute ou de dommage relevée par le Japon.