La dette publique française continuerait de progresser au cours des deux prochaines années. Selon la trajectoire transmise par le ministère de l’Économie et des Finances aux journalistes samedi 19 septembre, elle atteindrait 119,3 % du produit intérieur brut en 2026, puis 121,7 % en 2027. Ce dernier niveau constituerait un record dans les séries récentes citées par Bercy. En 2025, le ratio s’établissait à 115,6 % du PIB.
Cette hausse ne signifie pas que l’État emprunterait soudainement l’équivalent de six points de PIB supplémentaires. Le ratio évolue avec le stock de dette, les déficits accumulés et la croissance nominale de l’économie. Or le gouvernement prévoit désormais un déficit public de 5,4 % du PIB en 2026, après 5,1 % en 2025, puis 5 % en 2027. Tant que le déficit demeure nettement supérieur au niveau compatible avec une stabilisation de la dette, le ratio continue mécaniquement d’augmenter. Bercy situe cette stabilisation autour d’un déficit de 3 % du PIB, objectif maintenu pour 2029.
Le projet de budget pour 2027 doit être présenté en Conseil des ministres le 1er octobre. Le gouvernement évoque un effort de 54 milliards d’euros et prévoit une légère baisse du poids de la dépense publique, à 56,9 % du PIB en 2027. Il table aussi sur une hausse du taux de prélèvements obligatoires, de 43,9 % en 2026 à 44,2 % l’année suivante, notamment via la réduction de niches fiscales et la lutte contre la fraude. Ces paramètres seront au cœur des négociations parlementaires.
Il faut lire ces chiffres comme une projection gouvernementale, et non comme un résultat déjà acquis. Le Haut Conseil des finances publiques doit encore apprécier la cohérence et la crédibilité du scénario macroéconomique. Le Parlement peut ensuite modifier les mesures de recettes et de dépenses, tandis que la croissance, les taux d’intérêt et l’exécution budgétaire peuvent faire varier la trajectoire réelle.
Les deux comptes rendus consultés reprennent la même communication de Bercy et la dépêche AFP ; ils ne constituent donc pas deux confirmations indépendantes. Leur convergence permet toutefois de restituer précisément les hypothèses rendues publiques et d’en souligner le caractère encore prévisionnel.



