L’épidémie d’Ebola provoquée par le virus Bundibugyo recule dans certaines parties de l’est de la République démocratique du Congo, sans être maîtrisée à l’échelle du pays. Mercredi 16 septembre, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé a signalé des tendances encourageantes en Ituri, tout en avertissant que les contaminations augmentaient rapidement au Nord-Kivu.

Selon les chiffres présentés par l’OMS et rapportés par l’Associated Press, plus de 7 200 cas confirmés et plus de 3 500 décès ont été enregistrés dans sept provinces. Au Nord-Kivu, le nombre de cas hebdomadaires serait passé d’environ 100 à plus de 200 en deux semaines. À l’inverse, la transmission diminue dans les zones les plus touchées d’Ituri et aucun nouveau cas n’a été signalé au Sud-Kivu depuis mai.

Ces évolutions opposées expliquent pourquoi une moyenne nationale peut tromper. Le rapport de situation de l’OMS daté du 10 septembre décrivait déjà une baisse de 18,3 % en Ituri sur deux périodes successives de vingt et un jours, mais une hausse de 47,4 % au Nord-Kivu et de 14 % dans le Haut-Uélé. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies recensait, au 13 septembre, 7 258 cas et 3 510 décès, tout en précisant que les données restent révisables.

Le virus Bundibugyo complique la riposte. Le vaccin Ervebo est homologué contre une autre espèce du virus Ebola ; son efficacité contre Bundibugyo chez l’humain n’est pas établie. L’OMS recommande donc son utilisation contre cette épidémie uniquement dans le cadre d’un protocole de recherche. Plus de 2 000 soignants et intervenants de première ligne avaient été vaccinés au début du mois, tandis qu’un essai clinique de traitements était en cours.

La baisse observée dans quelques foyers ne signifie pas que la chaîne de transmission est rompue. L’insécurité, les déplacements de population, les difficultés de suivi des contacts et la forte proportion de décès survenant hors des centres de traitement continuent de fragiliser la réponse. Les autorités sanitaires parlent désormais d’une multitude de foyers aux trajectoires différentes plutôt que d’une seule courbe épidémique.

Le message de santé publique doit donc tenir ensemble deux faits : les mesures de contrôle peuvent produire des résultats localement, mais le déplacement géographique des cas exige encore des équipes, des laboratoires, des soins accessibles et une surveillance durable.