L’Organisation mondiale de la santé a présenté le 15 septembre une stratégie 2026-2030 pour rendre le marché des médicaments contre les cancers de l’enfant plus fiable et plus accessible. L’enjeu concerne environ 400 000 nouveaux cas pédiatriques par an dans le monde. Dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, la survie demeure inférieure à 30 %, contre plus de 80 % dans les pays à revenu élevé, selon l’OMS.
Un marché fragile, des ruptures concrètes
Le document part d’un état des lieux mené dans 51 hôpitaux de douze pays : seuls 45 % environ des médicaments essentiels étudiés étaient disponibles au moment de l’évaluation, et près d’un établissement sur deux avait connu au moins une rupture de stock d’un mois ou davantage au cours de l’année précédente. L’OMS identifie deux faiblesses liées : une offre concentrée entre peu de fabricants et une demande morcelée, difficile à prévoir et insuffisamment financée.
La feuille de route propose dix leviers. Parmi eux figurent l’élargissement du nombre de fournisseurs dont la qualité est vérifiée, des achats groupés, la publication de prévisions de demande, des garanties de volume, la reconnaissance entre autorités réglementaires et l’intégration progressive des traitements dans des financements nationaux. Une procédure de préqualification destinée aux fabricants a été ouverte en août 2026.
Une plateforme déjà en déploiement
Cette stratégie prolonge la plateforme mondiale lancée avec l’hôpital St. Jude et l’Unicef. D’après le rapport 2026 de St. Jude, les premières livraisons ont commencé en 2025 et une première vague doit soutenir près de 5 000 enfants dans au moins trente hôpitaux. L’Unicef indique pour sa part proposer plus de cinquante médicaments liés à six protocoles pédiatriques, tout en précisant que les délais, capacités, durées de conservation et exigences réglementaires doivent être vérifiés pays par pays.
Ces éléments montrent une organisation opérationnelle, pas encore une amélioration démontrée de la survie à long terme. Les principaux documents viennent des partenaires du programme eux-mêmes : ils décrivent des volumes, des procédures et des objectifs, mais ne constituent pas une évaluation indépendante de l’impact clinique. Les indicateurs décisifs seront la continuité réelle des stocks, le prix payé par les systèmes de santé et, avec plusieurs années de recul, l’évolution des résultats thérapeutiques.



