Environ 1 000 femmes par an devraient pouvoir recevoir Enhertu dans le système public de santé anglais, selon une nouvelle décision rapportée mercredi soir. Le traitement, aussi appelé trastuzumab déruxtécan, concerne certaines patientes atteintes d’un cancer du sein HER2-faible, avancé ou métastatique, après une chimiothérapie.

Un traitement ciblé après un refus en 2024

Enhertu est un anticorps conjugué : il associe une molécule capable de reconnaître une cible présente sur les cellules cancéreuses à un agent de chimiothérapie. L’objectif est d’acheminer le traitement plus directement vers la tumeur. Il ne s’agit pas d’une guérison garantie, mais d’une option supplémentaire pour retarder la progression de la maladie et prolonger la survie chez des patientes sélectionnées.

En juillet 2024, le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) avait refusé de recommander le médicament pour cette indication. Son évaluation reconnaissait un bénéfice sur la survie et le temps sans progression par rapport à la chimiothérapie, mais concluait que le rapport coût-efficacité dépassait le seuil acceptable pour le NHS.

La nouvelle décision traduit donc un changement majeur, rendu possible par une réévaluation et un accord commercial dont tous les paramètres financiers ne sont pas publics. Breast Cancer Now, qui avait fait campagne pour l’accès au traitement, salue une avancée longtemps attendue tout en rappelant le délai subi par les patientes.

Une décision limitée à l’Angleterre

L’accès annoncé doit commencer dans le NHS en Angleterre. Il ne faut pas l’étendre automatiquement au reste du Royaume-Uni : l’Écosse dispose de son propre processus d’évaluation, et les décisions au pays de Galles ou en Irlande du Nord suivent des mécanismes spécifiques.

Pour les patientes concernées, l’enjeu est concret : disposer d’un traitement ciblé là où la chimiothérapie restait l’option principale. Les médecins devront néanmoins vérifier les critères biologiques, les traitements antérieurs et les risques individuels. L’annonce élargit l’arsenal thérapeutique ; elle ne remplace ni l’évaluation clinique ni le suivi des effets indésirables.