La fin d’un dispositif adopté pendant la guerre du Tigré
Les États-Unis ont levé vendredi 18 septembre des sanctions visant le parti au pouvoir, l’armée et plusieurs responsables érythréens. L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), qui dépend du Trésor américain, a publié les radiations après l’expiration du régime d’urgence instauré en 2021 à propos de la situation en Éthiopie.
Parmi les personnes et organisations retirées de la liste figurent Hagos Ghebrehiwet, un responsable financier du Front populaire pour la démocratie et la justice, ainsi que la Red Sea Trading Corporation, liée au parti unique. La décision met aussi fin aux restrictions américaines visant les forces armées érythréennes dans ce cadre précis.
Ces mesures avaient été imposées pendant la guerre du Tigré. Les troupes érythréennes avaient combattu aux côtés des forces fédérales éthiopiennes contre les autorités régionales du Tigré. Le conflit, qui a déplacé des millions de personnes et fait des dizaines de milliers de morts selon les estimations disponibles, s’est officiellement achevé par l’accord de paix de Pretoria en novembre 2022.
Un rapprochement, pas une réhabilitation générale
Asmara a salué une décision qu’elle présente comme la réparation de sanctions injustifiées. Cette réaction est celle du gouvernement érythréen et ne constitue pas une évaluation indépendante du bilan de la guerre ni de la situation des droits humains dans le pays. La radiation américaine signifie que les personnes et entités visées ne sont plus bloquées par ce programme ; elle n’efface pas les faits qui avaient motivé les mesures ni les autres critiques internationales adressées au régime.
Le calendrier a aussi une dimension géopolitique. Le littoral érythréen et le port d’Assab se trouvent à proximité du détroit de Bab el-Mandeb, passage clé entre la mer Rouge et le golfe d’Aden. Les attaques et avancées des Houthis au Yémen ont renforcé l’intérêt de Washington pour la sécurité de cette route maritime.
La Maison-Blanche et Asmara avaient déjà laissé entrevoir une normalisation progressive de leurs relations. La levée des sanctions est donc un signal diplomatique concret, mais son effet sur les relations bilatérales et sur la stabilité régionale reste à mesurer.



