Les forces de sécurité pakistanaises ont annoncé samedi avoir mis fin à un siège de vingt heures dans un complexe policier de Kohat, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa. L’attaque avait commencé vendredi lorsqu’un kamikaze a lancé un véhicule chargé d’explosifs contre une mosquée située dans l’enceinte, pendant la prière, avant que des hommes armés ne pénètrent dans le site.

Le bilan rapporté par Associated Press à partir des autorités locales est de 21 morts et 103 blessés. Beaucoup de victimes étaient des policiers ou des fidèles. Le complexe abrite notamment les bureaux de la Special Branch, du département antiterroriste et des logements d’agents engagés dans des opérations contre les groupes armés de la région. Cette concentration d’unités sensibles explique la portée sécuritaire de l’attaque au-delà du lourd bilan humain.

Selon le responsable de police Mohammad Sadiq, huit corps d’assaillants ont été retrouvés : six hommes armés tués par les forces de sécurité et deux autres qui auraient déclenché leurs explosifs samedi matin. Les autorités fouillaient encore le complexe et les secteurs voisins après la fin de l’opération. Elles n’avaient pas précisé si les dernières explosions avaient causé de nouvelles victimes. Les chiffres restent donc susceptibles d’être révisés.

Aucun groupe n’avait revendiqué l’assaut au moment de la publication. Les soupçons évoqués par les autorités et AP se portent sur le Tehrik-e-Taliban Pakistan, sans qu’il s’agisse d’une attribution confirmée. Le TTP est distinct des talibans afghans, mais leur est allié. Islamabad accuse régulièrement Kaboul d’abriter des cadres du mouvement et de faciliter des attaques transfrontalières, ce que le gouvernement afghan dément.

L’attaque rappelle la vulnérabilité persistante des forces de l’ordre dans le nord-ouest du pays. En 2023, un attentat-suicide contre une mosquée d’un complexe policier à Peshawar avait tué 101 personnes, principalement des policiers. À Kohat, les funérailles des agents tués ont commencé dès vendredi soir, alors que l’enquête doit encore établir le nombre exact d’assaillants et la chaîne de commandement de l’opération.