Le président américain Donald Trump a promulgué vendredi 18 septembre une loi qui étend l’arsenal de sanctions contre la Russie et ses circuits de financement. La Maison-Blanche confirme que le texte H.R. 5334, intitulé « Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 », autorise et élargit les sanctions, droits de douane et interdictions visant Moscou. Il prolonge aussi des sanctions existantes contre l’Iran.
Selon l’Associated Press, le dispositif cible notamment des responsables russes, des banques et la « flotte fantôme » de pétroliers qui permet de maintenir les exportations énergétiques. Son objectif affiché est de réduire les ressources disponibles pour poursuivre la guerre contre l’Ukraine. Cet effet reste une intention politique : au moment de la promulgation, aucune mesure de l’impact économique réel n’est encore possible.
Jusqu’à 100 %, mais pas automatiquement
Le volet le plus lourd autorise le président à imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % aux cinq principaux importateurs de pétrole ou de gaz russe. Une exception est prévue pour les pays qui achètent moins de 15 % des exportations russes de gaz et qui ont engagé des démarches importantes pour réduire leurs achats.
Ce plafond ne signifie donc pas que cinq pays subissent immédiatement une surtaxe uniforme de 100 %. Le texte crée et encadre un pouvoir d’action, avec des possibilités de dérogation et une marge d’appréciation laissée à l’exécutif. La sélection des pays, le calendrier et les taux effectivement appliqués devront être observés dans les mesures d’exécution.
Un vote large, mais pas unanime
La loi a été adoptée par 86 voix contre 11 au Sénat puis par 262 voix contre 159 à la Chambre des représentants. Elle avait été portée pendant plus d’un an par le sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, et le sénateur démocrate Richard Blumenthal.
Malgré ces majorités, une partie des démocrates a contesté l’ampleur du pouvoir tarifaire confié au président, craignant que de nouvelles surtaxes puissent aussi affecter des partenaires européens et, par ricochet, les consommateurs américains. L’adoption marque ainsi un durcissement juridique réel ; sa portée dépendra désormais des décisions d’application, des exemptions accordées et de la réaction des acheteurs d’énergie russe.



