Donald Trump a signé le 16 septembre un mémorandum demandant à son administration de préparer l’exclusion de produits d’origine canadienne des marchés publics civils fédéraux. Le texte ajoute les achats de l’État à une confrontation commerciale déjà marquée par les droits de douane et l’échec des discussions estivales entre Washington et Ottawa.

Une instruction large, mais pas un bannissement instantané

Le document charge le Bureau de la gestion et du budget et le représentant américain au Commerce, avec le Conseil de la réglementation des achats fédéraux, d’identifier les produits canadiens qui pourraient être retirés ou rendus indisponibles à l’achat. La formulation est importante : les responsables doivent agir « lorsque cela est justifié » et dans les limites du droit applicable. Le mémorandum ne fournit ni liste de produits, ni calendrier général, ni valeur précise des contrats qui seraient effectivement touchés.

La Maison-Blanche justifie cette décision par la politique « Buy Canadian » et par des préférences provinciales qui, selon elle, limitent l’accès des entreprises américaines aux marchés publics canadiens. Elle affirme en parallèle que les entreprises canadiennes conservent un accès préférentiel à plus de 280 milliards de dollars de marchés fédéraux américains couverts par l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce sur les marchés publics. Ce chiffre décrit la taille du marché accessible, et non le montant annuel des commandes remportées par des fournisseurs canadiens.

Une pression appelée à durer

Le représentant au Commerce devra surveiller l’évolution des règles canadiennes et signaler les circonstances qui pourraient justifier de nouvelles mesures — ou, à l’inverse, le retour d’un produit canadien dans les achats fédéraux. Chaque agence est invitée à appliquer le mémorandum dans le cadre de ses propres compétences.

Bloomberg, repris par le Straits Times, présente cette décision comme une nouvelle escalade dans le conflit commercial bilatéral. Elle intervient alors que l’Union européenne propose de renforcer fortement son association avec le Canada, perspective également critiquée par Donald Trump. L’effet économique réel dépendra cependant des listes, exceptions et procédures que l’administration américaine adoptera. À ce stade, le signal politique est net ; le périmètre commercial exact ne l’est pas encore.