Le gouvernement français va consacrer 45 millions d’euros sur trois ans à la poursuite du soutien aux Instituts hospitalo-universitaires, via France 2030. L’annonce a été faite le 18 septembre à l’Institut du Cerveau, quinze ans après la création des premiers IHU. Certains financements seront conditionnés à l’atteinte d’objectifs, sans que le communiqué détaille encore leur répartition établissement par établissement.
L’enveloppe s’accompagne d’un plan destiné à raccourcir le parcours des essais cliniques. L’Agence nationale de sécurité du médicament doit renforcer son accompagnement en amont des projets. Les comités de protection des personnes et leur coordination nationale doivent harmoniser leurs pratiques, notamment face aux nouveaux outils d’intelligence artificielle et aux méthodologies émergentes. Le gouvernement veut aussi réduire le délai de signature des conventions entre industriels et centres hospitaliers.
Deux autres leviers concernent directement les participants. La décentralisation de certaines étapes doit permettre à des patients éloignés des grands centres d’être suivis hors de l’hôpital. Le consentement électronique est présenté comme un moyen de faciliter leur inclusion. Enfin, l’État souhaite accélérer l’analyse des données de santé avec des méthodes intégrant l’intelligence artificielle, tout en évaluant leur niveau de preuve avant un usage courant.
Ces mesures répondent à un problème bien identifié : un traitement innovant peut disposer d’une équipe scientifique et d’un promoteur, mais perdre plusieurs mois entre autorisation, contrat, ouverture des centres et recrutement. Réduire chaque délai pourrait rendre la France plus attractive pour les essais et donner plus tôt accès à certaines innovations. Cela ne garantit cependant ni l’efficacité d’un traitement expérimental ni son remboursement futur.
Le plan sera piloté par la nouvelle Direction générale de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé, dirigée par Lise Alter. Sa réussite devra être jugée sur des indicateurs concrets : délais médians d’autorisation et de contractualisation, nombre de centres ouverts, diversité géographique des patients et qualité des preuves produites. Pour l’instant, le gouvernement fixe une ambition et des outils ; il ne publie pas encore de calendrier complet ni de cible chiffrée de réduction des délais.



