La France va mettre 10 millions de barils de gazole issus de ses réserves stratégiques à la disposition des distributeurs. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé cette mesure mercredi 7 octobre, dans un contexte de tension sur l’approvisionnement et de hausse des prix de l’énergie liée aux guerres en Iran et en Ukraine.
Selon le chef du gouvernement, ce volume doit entraîner une baisse estimée entre 12 et 18 centimes d’euro par litre de gazole à la pompe. Cette fourchette constitue une estimation de l’exécutif, pas un prix administré : le calendrier et l’ampleur effectivement constatée dépendront notamment du rythme de mise sur le marché, des coûts de raffinage et de distribution, ainsi que de l’évolution des cours internationaux.
Une action coordonnée
La décision française s’inscrit dans la réponse concertée engagée par le G7. Dans sa déclaration du 2 octobre, le groupe demandait à l’Agence internationale de l’énergie d’accélérer la libération de 100 millions de barils sur quatre mois, avec une part importante de diesel dans les vingt premiers jours. Le texte prévoyait aussi une meilleure coordination de la maintenance des raffineries afin d’éviter des arrêts simultanés.
Réunis le 7 octobre, les pays membres de l’AIE ont confirmé vouloir accélérer les engagements pris au printemps. L’agence indique que 325 millions de barils ont déjà été rendus disponibles depuis mars, tandis qu’environ 100 millions restent à débloquer. Elle rappelle que les stocks publics d’urgence de ses membres dépassent 1,1 milliard de barils, dont plus de 200 millions de barils de diesel.
Le recours aux réserves d’urgence vise d’abord à amortir un choc d’offre, pas à régler durablement les causes de la tension. L’AIE doit encore suivre l’effet des mesures et le G7 prévoit un rapport sur leur mise en œuvre, y compris sur la reconstitution future des stocks. Pour les automobilistes et les professionnels très dépendants du diesel, l’indicateur décisif sera donc l’évolution réelle des prix affichés dans les prochains jours.



