Google prépare le premier essai orbital de Project Suncatcher, son programme de recherche sur le calcul d’intelligence artificielle dans l’espace. Un satellite prototype, développé avec l’opérateur Planet, doit embarquer une unité de calcul TPU sur une mission de covoiturage Transporter-18 de SpaceX. L’objectif immédiat n’est pas de mettre en service un centre de données orbital, mais de vérifier comment le matériel se comporte en conditions réelles.

Le test doit mesurer trois contraintes majeures : les vibrations et accélérations du lancement, le rayonnement en orbite basse et la gestion de la chaleur dans le vide. Google indique que certains composants peuvent subir de 50 à 100 fois l’accélération de la pesanteur pendant un lancement. Les essais au sol ont donc secoué le satellite sur ses trois axes, tandis que des TPU ont été exposées à un faisceau de protons au laboratoire Crocker de l’université de Californie à Davis.

La dissipation thermique constitue un autre verrou. Dans le vide, la convection n’existe pas : la chaleur doit être évacuée par des caloducs et des radiateurs. Le prototype doit permettre de confronter les modèles aux températures réellement rencontrées en orbite. Google souligne aussi que ce vol doit révéler des modes de panne impossibles à reproduire complètement au sol.

À plus long terme, Suncatcher explore des constellations de satellites alimentés par le Soleil et reliés par laser. Dans certaines orbites, les panneaux pourraient recevoir une lumière presque continue et produire jusqu’à huit fois plus d’énergie qu’au sol à surface comparable, selon l’entreprise. Mais la promesse reste expérimentale : refroidissement, fiabilité, débris orbitaux, coûts de lancement et communications à très haut débit restent des obstacles considérables.

Une étape suivante, annoncée pour 2027, doit tester des liaisons optiques entre deux satellites. La communication de Google du 24 septembre actualise donc un projet présenté en novembre 2025 : elle marque le passage d’une architecture théorique à un premier instrument en orbite, sans démontrer encore qu’un centre de calcul spatial puisse être économiquement ou écologiquement viable.