La mobilisation partie des lycées français a franchi une nouvelle étape le 13 octobre 2026 avec des manifestations dans de nombreuses villes. Le ministère de l’Intérieur a compté 161 500 participants, tandis que les organisations syndicales en ont revendiqué 480 000. Ces chiffres mesurent la même journée selon des méthodes différentes : ils doivent être présentés comme deux estimations concurrentes, et non comme des bilans compatibles ou deux confirmations.
Le mouvement dure depuis quatre semaines. Les lycéens dénoncent notamment le manque d’enseignants, des classes surchargées et l’état de certains bâtiments. Des étudiants, des personnels de l’éducation et des organisations syndicales se sont joints aux cortèges. À Saint-Denis, la militante suédoise Greta Thunberg a participé à un rassemblement devant le lycée Paul-Éluard, apportant une visibilité internationale à une mobilisation d’abord centrée sur les conditions d’enseignement.
L’Éducation nationale a indiqué que 214 établissements étaient fermés, contre 800 lors d’une journée comparable la semaine précédente. Selon le même ministère, 94,2 % des lycées sont restés ouverts. Ces données nuancent l’ampleur du blocage scolaire tout en confirmant une participation nationale dans les rues. À Paris, le ministère de l’Intérieur a annoncé 41 500 manifestants. D’autres rassemblements importants ont été observés à Nantes, Lyon, Lens, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux et Marseille.
La plupart des manifestations se sont déroulées dans le calme. Des affrontements ont néanmoins eu lieu en marge de cortèges à Paris, Lyon, Strasbourg et Nantes. Des projectiles ont été lancés, des dégradations et des incendies signalés, et les forces de l’ordre ont utilisé du gaz lacrymogène. À Lyon, les autorités locales ont demandé l’arrêt d’un cortège après des dégradations commises par un groupe placé en tête de manifestation.
La réponse policière est elle-même au cœur de la contestation. L’AFP rapporte que 34 enquêtes internes ont été ouvertes après des accusations de violences contre des manifestants et que le ministère de l’Éducation a recensé 147 membres du personnel blessés depuis le début du mouvement. Ces nombres concernent la séquence de mobilisation, pas uniquement la journée du 13 octobre.
Le bilan du jour montre donc un mouvement toujours national, mais dont l’intensité varie selon l’indicateur retenu : participation de rue, nombre d’établissements fermés ou incidents. Les revendications scolaires restent le noyau de la mobilisation, désormais élargie à d’autres acteurs sociaux et politiques.



