L’acteur et réalisateur indien Nana Patekar est mort jeudi 8 octobre à son domicile de Goa, à l’âge de 75 ans. Son fils Malhar a confirmé le décès à la presse indienne. Une crise cardiaque est suspectée, mais l’Associated Press souligne que cette cause reposait encore, au moment des premières annonces, sur les informations d’un médecin cité par l’agence Press Trust of India.

Né en 1951 dans l’État du Maharashtra, Patekar a débuté au cinéma en 1978 avec Gaman. Pendant près de cinq décennies, il a travaillé en hindi comme en marathi, alternant les films populaires et le « cinéma parallèle », plus attaché au réalisme social. Son jeu intense, sa diction immédiatement reconnaissable et ses personnages souvent ambigus lui ont donné une place à part dans l’industrie indienne.

Parinda et Krantiveer ont compté parmi ses rôles les plus célèbres. À l’étranger, il a également été remarqué dans Salaam Bombay!, le film de Mira Nair nommé aux Oscars. Son parcours a été récompensé par trois National Film Awards, les plus hautes distinctions du cinéma indien, ainsi que par le Padma Shri, l’un des principaux honneurs civils du pays. Il a aussi réalisé Prahaar, sorti en 1991.

Le premier ministre Narendra Modi a salué un interprète doté d’une forte individualité et d’une présence marquante, tout en rappelant son apport aux cinémas hindi et marathi. Les hommages officiels confirment le décès et son importance culturelle ; ils ne constituent pas une source indépendante sur les circonstances médicales.

La carrière de Patekar a aussi été traversée par une controverse. En 2018, au moment du mouvement #MeToo en Inde, une actrice l’a accusé de harcèlement sexuel sur un tournage. Il a nié cette accusation. Mentionner cet épisode documenté évite de transformer l’hommage en portrait sans aspérités, sans pour autant tirer de conclusion que les informations disponibles n’autorisent pas. Patekar laisse une épouse, un fils et une filmographie qui relie plusieurs traditions du cinéma indien.