Les océans ont absorbé environ 23 zettajoules de chaleur supplémentaires en 2025, soit près de quarante fois la consommation annuelle d’énergie de l’humanité. Ce chiffre spectaculaire figure dans un rapport coordonné par Mercator Ocean International et réunissant plus de 120 scientifiques, présenté le 30 septembre. Il mesure l’accumulation d’énergie dans l’océan, qui capte l’essentiel de l’excès de chaleur provoqué par les émissions humaines de gaz à effet de serre.

L’unité donne la mesure du phénomène : un zettajoule équivaut à 10 puissance 21 joules, soit mille milliards de milliards. La comparaison avec la consommation mondiale d’énergie aide à rendre l’ordre de grandeur compréhensible, mais elle ne signifie pas que cette chaleur pourrait être récupérée ou utilisée comme une réserve énergétique. Elle décrit une modification physique du système climatique.

Le rapport associe cette accumulation à plusieurs tendances de long terme. Le niveau moyen des mers augmente plus vite qu’à la fin du XXe siècle, sous l’effet conjoint de la dilatation thermique de l’eau et de la fonte des glaces continentales. Entre 2012 et 2025, le rythme moyen évoqué atteint environ 4,2 millimètres par an. L’acidité de l’océan a parallèlement progressé d’environ 17 % entre 1985 et 2025, ce qui fragilise notamment les organismes qui construisent coquilles ou squelettes calcaires.

Les effets ne sont pas uniformes. La Méditerranée et la mer Noire ont connu des vagues de chaleur prolongées, tandis que les changements de salinité et de température modifient les habitats. Le rapport relève aussi l’ampleur du stress thermique subi par les récifs coralliens entre 2023 et 2025 et les difficultés de reproduction d’espèces dépendantes de la glace de mer antarctique.

Le Financial Times et le Guardian rendent compte du même rapport scientifique : ils ne constituent donc pas deux mesures indépendantes du chiffre de 23 zettajoules. La robustesse de l’alerte tient au travail de synthèse des chercheurs et à la convergence de plusieurs indicateurs, non à la multiplication des reprises médiatiques. Ce bilan décrit une tendance observée ; il ne permet pas, à lui seul, d’attribuer chaque tempête ou chaque épisode côtier au réchauffement.