La vendange française de 2026 devrait finalement approcher 34,9 millions d’hectolitres. L’estimation, arrêtée au 1er octobre par Agreste, relève d’un million d’hectolitres la prévision publiée un mois plus tôt. Elle ne change pourtant pas le diagnostic général : le volume resterait inférieur de 2 % à celui de 2025, déjà faible, et de 14 % à la moyenne des cinq dernières années. Selon Reuters, il s’agirait du niveau le plus bas enregistré en France depuis le début du siècle.
La révision vient surtout du Languedoc-Roussillon, où des pluies tardives ont permis des rendements meilleurs qu’attendu. La région, première zone productrice en volume, serait désormais légèrement au-dessus de sa moyenne récente. Ce rebond masque des écarts considérables entre bassins. En Champagne, les vendanges se sont achevées exceptionnellement tôt et la production aurait été divisée par deux par rapport à 2025 comme à la moyenne quinquennale, sous l’effet cumulé du gel, de la grêle, de la sécheresse et des fortes chaleurs.
La Bourgogne-Beaujolais, le Val de Loire, les Charentes, le Jura et le Sud-Est affichent également des baisses. À Bordeaux, la récolte progresserait de 10 % sur un an, tout en restant 11 % sous la moyenne. Les arrachages de vignes, décidés dans un contexte de consommation en recul, pèsent aussi sur le potentiel de production.
Ces chiffres restent des estimations et non un bilan commercial : ils décrivent les volumes, pas la valeur future des vins ni le revenu des exploitations. Ils montrent néanmoins que l’amélioration annoncée en octobre est très localisée. La canicule et le déficit de pluie de l’été ont réduit les rendements dans une grande partie du vignoble, tandis que la diminution des surfaces amplifie le mouvement. Pour la filière, le millésime 2026 combine donc une petite correction statistique et une récolte qui demeure exceptionnellement courte.



