La Banque d’Angleterre a choisi la stabilité sur les taux et la transformation sur son bilan. À l’issue de sa réunion achevée le 16 septembre, son comité de politique monétaire a maintenu le taux directeur à 3,75 %. Le vote, toutefois, n’a pas été unanime : six membres ont choisi le statu quo et trois auraient préféré une hausse d’un quart de point, à 4 %.
Cette division traduit une inquiétude persistante sur l’inflation. La banque centrale estime que la prolongation du conflit au Moyen-Orient a accentué la hausse et la volatilité des prix de l’énergie. Elle juge les risques orientés davantage à la hausse qu’au moment de ses précédentes prévisions, tout en soulignant que la situation peut encore évoluer rapidement. Son message est donc double : aucune hausse immédiate, mais la possibilité d’agir si les coûts énergétiques se transmettent durablement aux prix et aux salaires.
La décision la plus structurelle concerne les obligations d’État achetées lors des programmes d’assouplissement quantitatif. Après avoir réservé 120 milliards de livres d’obligations pour garantir l’émission de billets, la Banque veut ramener à zéro, d’ici septembre 2034, les 368 milliards restants détenus à des fins de politique monétaire. Environ 222 milliards arriveraient naturellement à échéance. Les 146 milliards restants seraient vendus, avec 20 milliards de ventes actives par an. En comptant les remboursements, le portefeuille diminuerait en moyenne de 46 milliards de livres par an.
Ce rythme est moins rapide que les 70 milliards précédemment envisagés. L’objectif est d’éviter que des ventes trop massives ne désorganisent un marché obligataire déjà tendu. Le Guardian a relevé que les rendements britanniques ont reculé après l’annonce, signe d’un accueil favorable des investisseurs. Le mécanisme possible de cession d’une partie des titres au Trésor doit toutefois encore être arrêté avec le gouvernement.
Pour les ménages et les entreprises britanniques, le taux reste donc inchangé à court terme. Mais la Banque prépare simultanément une longue normalisation de son bilan et conserve la hausse des taux dans son éventail d’options. La prochaine décision est prévue le 5 novembre.



