L’OMS Afrique fait état, ce 10 octobre, de près de 11 300 personnes ayant bénéficié d’un soutien psychologique et social dans les centres de traitement et de transit mobilisés contre Ebola en République démocratique du Congo. À Bunia, 318 survivants ont également reçu un accompagnement à la clinique de suivi.
Le bilan décrit une prise en charge allant du repérage des cas suspects au retour dans la communauté. Dans la province de l’Ituri, 193 intervenants communautaires ont été formés aux premiers secours psychologiques et 64 psychologues ont reçu une formation complémentaire. Les équipes accompagnent aussi les familles et les personnels de première ligne.
Ces chiffres, communiqués par l’organisation qui participe à la réponse, renseignent sur l’activité des services. Ils ne constituent pas une évaluation indépendante de l’amélioration de la santé mentale des bénéficiaires.
Pourquoi prolonger cet accompagnement au-delà des soins physiques ? Les repères généraux de l’OMS sur les situations d’urgence, publiés en mai 2025, expliquent que les crises fragilisent simultanément les relations familiales, les revenus et les services essentiels. La détresse peut diminuer avec le temps, mais certaines personnes développent des troubles nécessitant des soins spécifiques. Ressentir de l’angoisse après une crise ne signifie donc pas automatiquement souffrir d’une maladie psychiatrique.
L’organisation recommande plusieurs niveaux d’intervention : information pratique, entraide locale, premiers secours psychologiques et accès à des professionnels lorsque les difficultés persistent. L’orientation entre services communautaires et structures de soins doit permettre de répondre à des besoins différents, sans réduire toute souffrance à une réponse médicale unique.
La fiche de référence souligne également que les urgences peuvent interrompre les traitements, endommager les structures et accentuer le manque de personnel. Les personnes qui vivaient déjà avec un trouble sévère sont particulièrement vulnérables. Préparer les services et former les intervenants compte ainsi autant que déployer une aide ponctuelle.
Le bilan congolais documente une offre concrète. Il laisse ouverte la question du suivi dans la durée et de ses résultats, qui demanderait d’autres données.



