Une campagne de vaccination contre Ebola a débuté samedi 19 septembre à Bunia, capitale de la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo. L’objectif annoncé est de protéger 50 000 soignants et autres agents de première ligne, particulièrement exposés lors de la prise en charge des malades et des activités de surveillance. L’opération doit aussi s’étendre au Nord-Kivu, où les cas ont récemment progressé.
Le vaccin utilisé, Ervebo, impose toutefois une lecture prudente. Il est homologué contre l’espèce Ebola Zaïre, tandis que l’épidémie actuelle est provoquée par le virus Bundibugyo. L’Organisation mondiale de la santé rappelle qu’aucun vaccin ni traitement spécifique n’est aujourd’hui approuvé contre cette souche. Les autorités recourent donc à Ervebo dans un cadre exceptionnel, appuyées par des données préliminaires, notamment animales, suggérant qu’une protection partielle est possible.
Pour mesurer ce bénéfice éventuel, 20 000 personnes vaccinées doivent être suivies pendant un an dans le cadre d’un essai de phase 3. Ce dispositif ne permet pas d’affirmer dès maintenant que le vaccin freinera l’épidémie. Il doit au contraire produire les données nécessaires sur l’efficacité et la sécurité dans le contexte du virus Bundibugyo.
La vaccination complète, mais ne remplace pas, les mesures classiques de contrôle : détection rapide des cas, isolement, soins de soutien, protection dans les établissements de santé, suivi des contacts, enterrements sûrs et engagement des communautés. L’OMS insiste également sur la coordination transfrontalière avec l’Ouganda et déconseille les restrictions générales de voyage et de commerce, susceptibles de déplacer les circulations vers des passages non surveillés.
Selon les chiffres d’autorités locales rapportés le 20 septembre, l’épidémie aurait provoqué au moins 3 639 décès parmi 7 541 infections depuis mai. Ces totaux sont très supérieurs au dernier rapport hebdomadaire de l’OMS repéré dans le catalogue, ce qui montre à quel point la situation évolue rapidement et pourquoi les séries doivent être datées.
L’information nouvelle est le lancement effectif de la vaccination, après l’autorisation de 70 000 doses en août. Elle représente une tentative de protection et une recherche clinique en situation d’urgence, pas la preuve qu’un vaccin efficace contre Bundibugyo est déjà disponible.



