La Chambre des députés italienne a donné son accord définitif, jeudi 8 octobre, à une réforme électorale défendue par le gouvernement de Giorgia Meloni. Le texte a été adopté à bulletin secret par 227 voix contre 164, après plusieurs mois de négociations au sein de la coalition de droite. Il doit encadrer les élections nationales prévues en 2027.
Le nouveau système devient entièrement proportionnel. Une coalition dépassant 42 % des suffrages obtiendra toutefois une prime de sièges lui garantissant une majorité parlementaire. Jusqu’ici, environ deux tiers des élus étaient choisis à la proportionnelle et le reste dans des circonscriptions au scrutin majoritaire. Les partis et coalitions devront également annoncer avant le vote leur candidat à la présidence du Conseil.
Giorgia Meloni présente la réforme comme un moyen de renforcer la stabilité gouvernementale et la cohésion parlementaire. La gauche et le Mouvement 5 étoiles y voient au contraire une règle taillée au bénéfice du bloc au pouvoir. Le vote intervient alors que le rapport de forces a changé : selon Reuters, l’apparition d’une nouvelle formation d’extrême droite a érodé l’avance de la coalition, et plusieurs sondages la placent désormais derrière le centre gauche. La réforme pourrait donc produire des effets moins favorables au gouvernement que prévu lors de sa conception.
Un autre compromis maintient un pouvoir important aux directions de parti. Les candidats placés en tête des listes seront automatiquement prioritaires, tandis que les électeurs pourront exprimer des préférences pour les suivants. La procédure a nécessité quatre votes parlementaires et plusieurs recours à la confiance.
Le scrutin clos ainsi la séquence législative, mais pas la controverse. Son effet réel dépendra du score des alliances, de leur capacité à présenter un candidat commun au poste de chef du gouvernement et du franchissement du seuil de 42 %. À un an de l’échéance, la réforme redessine les incitations politiques sans garantir à elle seule une majorité stable.



