L’Organisation mondiale de la santé a élargi le 23 septembre plusieurs recommandations sur la contraception. L’objectif est de donner davantage de choix tout en limitant les ruptures d’accès, dans un contexte où l’OMS estime que 164 millions de femmes souhaitant différer ou éviter une grossesse n’utilisent toujours aucune méthode contraceptive.
Le changement le plus visible concerne les contraceptifs oraux combinés. Ils peuvent désormais être fournis pour des périodes allant jusqu’à six mois et utilisés selon des schémas prolongés ou continus jusqu’à un an, lorsque cette option convient à la personne. L’OMS porte également à cinq ans la durée d’utilisation recommandée de l’implant à l’étonogestrel, contre trois ans dans de nombreux cadres antérieurs.
Pour la contraception d’urgence, l’organisation ajoute la mifépristone à faible ou moyenne dose, entre 10 et 50 milligrammes, à prendre dans les cinq jours suivant un rapport non protégé. Cette recommandation ne doit pas être confondue avec l’utilisation de la même molécule dans l’interruption médicamenteuse de grossesse : ici, il s’agit d’empêcher une grossesse de débuter.
Une revue Cochrane publiée le 21 septembre apporte le principal contexte indépendant. À partir de 87 études réunissant environ 36 000 femmes, elle conclut que la mifépristone à faible ou moyenne dose est probablement plus efficace que le lévonorgestrel pour la contraception d’urgence. Le retard des règles est son effet indésirable le plus notable. Les auteurs soulignent cependant plusieurs limites : beaucoup d’études décrivent mal leurs méthodes, la majorité ont été conduites en Chine entre 1992 et 2015 et aucune ne compare directement la mifépristone à l’ulipristal. L’OMS a par ailleurs contribué au financement de la revue.
L’élargissement n’est donc pas une validation générale de toutes les options disponibles. L’OMS juge les preuves insuffisantes pour recommander l’orméloxifène et déconseille l’intégration des pilules au quinestrol dans les programmes nationaux. Ces recommandations doivent encore être traduites par les autorités sanitaires en règles d’accès, de prescription et d’information adaptées à chaque pays.



