Détecter et comprendre une nouvelle menace sanitaire dans les 24 heures suivant son apparition : l’Organisation mondiale de la santé en fait l’objectif central de la stratégie 2026-2030 de son Hub pour l’intelligence pandémique et épidémique. Le plan a été présenté à Berlin le 12 octobre, cinq ans après la création du Hub en réponse aux failles révélées par la pandémie de Covid-19.

L’objectif ne signifie pas que tous les pays disposent déjà de cette capacité. Il trace une cible à atteindre d’ici 2030 en renforçant la surveillance, l’analyse et les échanges entre institutions. Le document stratégique publié le 10 octobre structure cette ambition autour de quatre objectifs : des systèmes de surveillance plus solides, une détection plus rapide grâce à l’innovation, des décisions mieux informées par l’analyse et des fondations numériques dignes de confiance.

Cinq dispositifs mis en avant

Le communiqué de l’OMS détaille cinq initiatives. Le système EIOS analyse chaque jour des milliers de sources publiques avec des outils d’intelligence artificielle ; il serait utilisé par plus de 125 États membres et 30 organisations régionales ou internationales. Le Réseau international de surveillance des agents pathogènes développe les capacités de séquençage et de bio-informatique. Le Collaboratory relie plus de 2 000 spécialistes de la modélisation et des données.

L’Initiative de surveillance collaborative est déployée dans plus de 83 pays, avec une approche « Une seule santé » reliant santé humaine, animale et environnementale. Enfin, un nouveau programme consacré aux outils numériques doit faciliter le partage et l’analyse sécurisés des données, y compris l’adoption responsable de l’IA.

Une promesse dépendante des moyens

L’OMS affirme que le Hub a travaillé depuis 2021 avec 160 États membres et 190 organisations partenaires. Ces volumes décrivent un réseau, pas encore une mesure uniforme de la vitesse réelle de détection dans chaque pays. Le propre site du Hub souligne les obstacles structurels : infrastructures inégales, compétences insuffisantes, problèmes d’interopérabilité, de communication et de confiance dans le partage des données.

Le World Health Summit confirme le contexte du lancement et le cinquième anniversaire du Hub, mais le délai de 24 heures reste un objectif fixé par l’OMS, pas un résultat évalué indépendamment. Le test décisif sera donc opérationnel : financements durables, capacités nationales et indicateurs publics permettant de vérifier si cette cible devient atteignable au-delà des systèmes déjà les mieux équipés.