L’Organisation mondiale de la santé et INTERPOL ont signé vendredi 16 octobre un accord de coopération destiné à rapprocher expertise sanitaire et capacités policières. Le cadre vise les menaces qui franchissent les frontières administratives entre santé publique, criminalité organisée et sécurité.

Les deux organisations citent les événements biologiques inhabituels, qu’ils soient naturels, accidentels ou délibérés, ainsi que la suspicion d’usage détourné de substances chimiques ou radioactives. Elles prévoient aussi de coordonner leur préparation autour des grands événements et rassemblements de masse.

Faux produits et trafics

L’accord couvre le commerce de médicaments, vaccins et dispositifs médicaux falsifiés, les équipements de protection contrefaits, certains aliments et boissons frauduleusement étiquetés et l’alcool produit illégalement. Il inclut également la traite de personnes aux fins de prélèvement d’organes et le commerce illégal d’organes, de tissus et de cellules.

Les partenaires annoncent en outre un appui à la convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. Leur objectif affiché est d’aider les États à mieux repérer ces menaces, protéger les consommateurs et coordonner les réponses internationales.

Un cadre, pas encore un programme chiffré

Le texte rendu public décrit des domaines de coopération, mais ne précise ni budget, ni calendrier, ni indicateur de résultat. Il ne crée pas non plus, à lui seul, de nouveaux pouvoirs de police dans les États membres. Son efficacité dépendra donc des arrangements opérationnels qui suivront et de leur mise en œuvre nationale.

Les pages de l’OMS et d’INTERPOL reproduisent un communiqué conjoint : elles ne constituent pas deux confirmations indépendantes. Une résolution de l’Assemblée générale d’INTERPOL, adoptée en 2024 par 112 voix contre une, avait déjà approuvé le projet d’accord et autorisé le secrétaire général à le signer. Cette pièce antérieure confirme la genèse institutionnelle, sans mesurer les effets du partenariat désormais conclu.