Les États membres de l’Union européenne ont conclu vendredi 25 septembre un accord politique pour débloquer 6,6 milliards d’euros de la Facilité européenne pour la paix au bénéfice du soutien militaire à l’Ukraine. L’entente a été obtenue au sein du Comité politique et de sécurité à Bruxelles, après plus de trois ans d’impasse.
Trois enveloppes aux usages différents
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a détaillé une répartition en trois blocs. Neuf cents millions d’euros doivent financer la mission européenne qui forme des militaires ukrainiens. Un milliard servira à des achats communs d’équipements. Les 4,7 milliards restants rembourseront partiellement les États membres pour du matériel déjà livré à l’Ukraine. Certaines capitales ont indiqué qu’elles réaffecteraient leur remboursement à de nouvelles aides, mais cette intention n’est ni générale ni équivalente à un virement intégral de 6,6 milliards à Kyiv.
La Facilité européenne pour la paix est un instrument hors budget de l’Union : elle est financée directement par les États membres et peut couvrir des dépenses à dimension militaire que le budget européen ordinaire ne prend pas en charge. Son utilisation pour l’Ukraine avait été bloquée par un veto hongrois en 2023. Cette paralysie avait poussé Bruxelles et les capitales à développer d’autres mécanismes de soutien.
Un accord politique, puis des actes juridiques
Le compromis ne signifie pas que toute la somme sera versée immédiatement. Euronews précise que plusieurs actes législatifs doivent encore être adoptés avant la libération effective des fonds. Cette séquence compte : la décision lève le verrou politique, mais l’exécution dépend encore de formalités et des choix de chaque État concernant sa part de remboursements.
L’accord arrive alors que l’Ukraine fait face à un besoin de financement militaire élevé pour la fin de 2026 et le début de 2027. Son effet le plus direct sera de solder des créances anciennes, de maintenir la formation des forces ukrainiennes et de créer une nouvelle capacité d’achats groupés. Sa portée future dépendra toutefois de la rapidité d’adoption des textes et de la part des remboursements effectivement réinvestie dans l’aide.



